Projets en cours

Pouvoir princier et pratiques documentaires : le cas de la Flandre (XIe-XIVe siècles)

Chercheurs associés au projet : Jean-François Nieus (FNRS/UNamur), Aurélie Stuckens (MPMM).

Le comté de Flandre fut l’une des plus robustes principautés d’Occident au Moyen Âge central. Si son histoire politique et institutionnelle a déjà été amplement étudiée, son déploiement administratif, marqué par un essor précoce des procédures écrites, n’a pas encore reçu toute l’attention qu’il mérite. À la différence des actes comtaux publiés par l’école de Gand, les riches archives princières (conservées principalement à Gand et Lille, mais aussi ailleurs) n’ont guère été interrogées en tant que témoins et produits des pratiques de gouvernement. Jean-François Nieus (FNRS/UNamur) et Aurélie Stuckens (MPMM), se sont attelés à cette « histoire documentaire » de la principauté flamande depuis ses origines obscures à la fin du XIe siècle, jusqu’à la grande réorganisation administrative entreprise par le chancelier Guillaume d’Auxonne dans les années 1330.

Publications associées : 

  • Jean-François NIEUS, « Les archives des comtes de Flandre jusqu’au milieu du XIIIe siècle. Chronique d’une naissance difficile », dans Les archives princières, XIIe-XVe siècles, éd. Xavier Hélary, Jean-François Nieus, Alain Provost et Marc Suttor, Arras, 2016, p. 43-65.
  • Jean-François NIEUS, « Les chanoines, le comte martyr et l'écrit manipulé. Comment le prévôt de Saint-Donatien est devenu chancelier de Flandre », dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 173, 2015-2017 [paru 2019], p. 7-43.
  • Jean-François NIEUS et Aurélie STUCKENS, « Vestiges épistolaires de Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut: deux collections-formulaires du début des années 1270 », dans Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, t. 66, 2020, p. 150-238.
  • Aurélie STUCKENS, « À l’origine de l’enregistrement dans les principautés des anciens Pays-Bas : le recueil de la comtesse Marguerite de Constantinople (1260-1276/1278) », dans L’art médiéval du registre. Chancelleries royales et princières, éd. O. Guyotjeannin, Paris, 2018 (Études et rencontres de l’École des chartes, 51), p. 297-340.
  • Aurélie STUCKENS, « When pen was put to paper : new thoughts about the early use of paper in the government of the county of Flanders (ca 1300) », dans Medieval documents as artefacts. Interdisciplinary perspectives on codicology, palaeography and diplomatics, éd. Eef Dijkhof, Hilversum, 2020 (Schrift en Schriftdragers in de Nederlanden in de Middeleeuwen, 6), p. 179-193.
  • Aurélie STUCKENS, Les hommes de l'écrit. Agents princiers, pratiques documentaires et développement administratif dans le comté de Flandre (1244-1305), Bruxelles, 2021 (Studies in Belgian History, 9) [sous presse]

 


Entre tradition et innovation : les manuscrits de la Bible romane

Chercheuse associée au projet : Chiara Ruzzier (UNamur)

Les manuscrits de la Bible représentent un objet d’étude d’exception pour l’historien du livre car ils constituent l’une des expressions les plus achevées du professionnalisme artisanal dans le domaine du livre médiéval. La recherche postdoctorale en cours porte sur les bibles manuscrites des XIe et XIIe siècles, période qui voit, en Italie centrale d’abord, puis dans le reste de l’Europe occidentale, l’essor d’une production de bibles latines de grand format destinées à un usage collectif au sein des monastères et des cathédrales. Sur la base d’un recensement des exemplaires subsistants, suivi d’une expertise approfondie d’un échantillon représentatif de ce corpus et du traitement quantitatif des données récoltées, la recherche vise à retracer l’évolution de la production au cours de la période considérée, à caractériser et comparer les pratiques, du point de vue textuel et matériel, des diverses régions européennes dans la fabrication des bibles et à analyser les formes de transition entre ces volumes de grandes dimensions de l’époque romane et les bibles portatives à usage personnel typiques du XIIIe siècle, afin de mieux comprendre l’émergence de ces dernières.

Publications associées : 

  • C. RUZZIER, « Item Biblia in uno volumine. Le compactage du texte biblique du XIe au XIIIe siècle », in Manuscrits bibliques médiévaux. Un essai de typologie comparée / Mediaeval Biblical Manuscripts. A Tentative Comparative Typology, éd. Élodie Attia, Patrick Andrist, Marilena Maniaci, Berlin, De Gruyter, (Manuscripta Biblica series), à paraître.
  • C. RUZZIER, « Bibliam secum deferat. Le Bibbie dei Predicatori», dans Memorie domenicane, 50 (2019), à paraître.
  • C. RUZZIER, « La rôle du parchemin dans la miniaturisation de la Bible au XIIIe siècle », dans Gazette du livre médiéval, 63 (2017), p. 64-78.
  • C. RUZZIER, « Des bibles géantes aux bibles portatives. État de la question et pistes de recherche », dans Heranças e usos da Biblia medievalLusitania sacra, 2a serie, XXXIV (2016), p. 17-32.

 


Gouverner la ville par l’écrit : les chirographes échevinaux (France du Nord et Belgique, XIIIe-XIVe siècles)

Chercheurs associés au projet : Thierry Frippiat (FNRS/UNamur & UCLouvain), Émilie Mineo (UNamur), Jean-François Nieus (FNRS/UNamur) – Paul Bertrand (UCLouvain), Thomas Brunner (Université de Strasbourg), Mathilde Rivière (UCLouvain), Bart Verroken (chercheur indépendant)

Les communes médiévales d’Italie ou du sud de la France ont fait l’objet de nombreuses études, notamment au travers de leur production écrite. S’agissant du nord de la France ou de la Belgique actuelle, pourtant terres de commune par excellence, les études de ce genre n'ont réellement démarré qu'avec la thèse de Thomas Brunner sur Douai (Strasbourg, 2014). Le projet « ChiroN – Chirographes nivellois », financé par le F.R.S.-FNRS (2016-2020) et piloté par Paul Bertrand (UCLouvain) en collaboration avec Jean-François Nieus (FNRS/UNamur), a poursuivi l'effort en s'appuyant principalement sur deux corpus exceptionnels : d'une part les 40 000 chartes de type « chirographe » de la ville de Nivelles (Brabant), étudiés par Mathilde Rivière (UCLouvain) dans le cadre d'une thèse de doctorat, et d'autre part le corpus similaire de la cité épiscopale de Tournai (entre Flandre et Hainaut), objet des recherches post-doctorales d'Émilie Mineo (UNamur) depuis 2017. Considérée comme perdue depuis les bombardements de 1940, la gigantesque série des chirographes tournaisiens n'a pourtant pas complètement disparu : plusieurs milliers d'entre eux existent encore en copie ou en originaux dispersés à travers le monde. Une ambitieuse reconstitution du corpus a été entreprise pour le XIIIe siècle, en lien avec l'étude des pratiques documentaires de l'échevinage tournaisien à cette époque. En complément, la recherche doctorale de Thierry Frippiat (FNRS/UNamur) jettera une lumière nouvelle sur les origines de la diplomatique scabinale dans la seconde moitié du XIIe siècle.

Publications associées :

  • Paul BERTRAND (avec Émilie MINEO), « À quoi servent les chirographes ? », dans L’Histoire, n° 455, janvier 2019, p. 72-77.
  • Emilie MINEO, « Le poète, les échevins et le parchemin. Sur l'acte d'arrentement d'une maison à Philippe Mousket conservé aux Archives de la cathédrale de Tournai (Chartrier, n° A 559, mars ou mai 1237) », dans Archives et manuscrits précieux tournaisiens, t. 5, 2019, p. 1-28.

 


La Chanson d’Aspremont : étude et édition du corpus français et franco-italien

Chercheurs associés au projet : Giovanni Palumbo (UNamur), Anna Constantinidis (UNamur), Cesare Mascitelli (UNamur), Éric Bernagou (UNamur)

Le but de cette recherche est de combler une lacune majeure des études épiques, en fournissant l’étude et l’édition du corpus français et franco-italien (au total, une vingtaine de manuscrits et de fragments, de la fin du XIIe siècle au milieu du XVe siècle) d’une des chansons de geste les plus importantes du cycle du roi : la Chanson d’Aspremont. Plus précisément, la recherche se propose de fournir : a) une étude complète de la tradition manuscrite du poème, tant du point de vue matériel (caractéristiques codicologiques des différents témoins) que philologique (rapports entre les témoins) et linguistique ; b) une édition interprétative, en format digital, de l’intégralité du corpus ; c) une édition critique et raisonnée, sur papier, des principales versions du texte. Dans ce sens, cette recherche ne vise pas seulement à rendre accessibles d’importants matériaux inédits, susceptibles d’intéresser des chercheurs de différentes disciplines (philologues, littéraires et linguistes, bien entendu, mais aussi historiens de l’art, codicologues, spécialistes de la ponctuation, etc.) ; elle a aussi l’ambition de réfléchir en profondeur sur les techniques d’édition des textes médiévaux.

Ce projet, qui a bénéficié d’une subvention FNRS-FRFC, est mené par une équipe internationale, coordonnée par Giovanni Palumbo (UNamur) : C. Baker (Université libre de Bruxelles), M. Barbato (Université L’Orientale de Naples), C. Beretta (Université de Potenza), G. Brunetti (Université de Bologne), M. Careri (Université de Chieti), A. Colantuoni (Université Federico II de Naples), A. Constantinidis (UNamur), P. Di Luca (Université Federico II de Naples), A. Englebert (Université libre de Bruxelles), N. Henrard (Université de Liège), S. Luongo (Université L’Orientale de Naples), C. Mascitelli (UNamur), D. Piacentino (Université L’Orientale de Naples), G. Palumbo (UNamur), L. Minervini (Université Federico II de Naples), P. Moreno (Université de Liège), P. Rinoldi (Université de Parme). Des partenariats ont été établis avec la Fondation Bodmer (Cologny-Genève) et avec la Bibliothèque nationale de France.

Publications associées : 

  • Giovanni PALUMBO, « “Consensus non facit veritatem” : à propos de la fabuleuse genèse de la Chanson d’Aspremont », dans Actes du XXème Congrès International de la Société Rencesvals pour l’étude des épopées romanes (« Sapienza » Università di Roma, 20-24 juillet 2015), éd. Maria Careri, Rome, sous presse.
  • Giovanni PALUMBO, « Afr. salemunesche salemonesque, fr.-it. salamoné », dans « Le monde entour et environ ». La geste, la route et le livre dans la littérature médiévale. Mélanges en l’honneur de Claude Roussel, éd. Émilie Goudeau, Françoise Laurent et Michel Quereuil, Clermont-Ferrand, sous presse.
  • Éric BERNAGOU, Giovanni PALUMBO et Paolo RINOLDI, « L’informatica al servizio dell’ecdotica : l’edizione della Chanson d’Aspremont», Le forme e la storia, n.s. IX/1, 2016, p. 37-59, sous presse.
  • Giovanni PALUMBO, « Quelques remarques sur l’intérêt philologique des régionalismes : le cas de la Chanson d’Aspremont », dans La régionalité lexicale du français au Moyen Âge. Volume thématique issu du colloque de Zurich (7-8 sept. 2015), organisé sous le patronage de la Société de Linguistique Romane, éd.  Martin Dietrich Glessgen et David Trotter, Strasbourg, 2016, p. 301-327.
  • Maria CARERI, « Per una tipologia dei copisti della Chanson d’Aspremont. Con una rifles­sione sulle modalità di copia dei testi in versi », dans Codici, testi, interpretazioni : studi sull’epica romanza medievale, éd. Paolo Di Luca et Doriana Piacentino, Naples, 2015, p. 9-22.
  • Anna CONSTANTINIDIS et Paolo DI LUCA, « Appunti sulla fisionomia testuale della redazione γ della Chanson d’Aspremont », dans Codici, testi, interpretazioni : studi sull’epica romanza medievale, éd. Paolo Di Luca et Doriana Piacentino, Naples, 2015, p. 45-74.
  • Anna CONSTANTINIDIS, La « Chanson d’Aspremont » entre France et Italie. Étude et édition critique partielle des versions franco-italiennes, thèse de doctorat sous la dir. de Giovanni Palumbo et Paola Moreno, Université de Namur, 2014-2015.
  • Giovanni PALUMBO et Paolo RINOLDI, « Prolégomènes à l’édition du corpus français de la Chanson d’Aspremont », dans Epic Connections / Rencontres épiques. Proceedings of the Nineteenth International Conference of the Société Rencesvals, Oxford, 13-17 August 2012, éd. Marianne J. Ailes, Philipp E.  Bennett, Anne Elizabeth Cobby, Édimbourg, 2015, t. II, (British Rencesvals Publications, 7), p. 549-576.
  • Doriana PIACENTINO, « Metrica e ammodernamento linguistico : l’esempio della Chanson d’Aspremont tràdita dal ms. Royal 15 E VI », dans Codici, testi, interpretazioni : studi sull’epica romanza medievale, éd. Paolo Di Luca et Doriana Piacentino, Naples, 2015, p.  75-92.
  • Paolo RINOLDI, « Confini di lassa, iniziali e lettrines nella tradizione della Chanson d’Aspremont », dans Codici, testi, interpretazioni : studi sull’epica romanza medievale, éd. Paolo Di Luca et Doriana Piacentino, Naples, 2015, p. 23-44.
  • Maria CARERI et Giovanni PALUMBO, « Pratiques de “lecture” des chansons de geste : le cas de la Chanson d’Aspremont », dans Lecteurs, lectures et groupes sociaux au Moyen Âge, éd. Xavier Hermand, Étienne Renard et Céline Van Hoorebeeck, Turnhout, 2014, p. 147-167.
  • Paolo DI LUCA, « Lettura e rilettura di un testimone della Chanson d’Aspremont : il caso del ms. Ch (Cologny, Fondation Bodmer, Cod. Bodmer 11) », dans Lecteurs, lectures et groupes sociaux au Moyen Âge, éd. Xavier Hermand, Étienne Renard et Céline Van Hoorebeeck, Turnhout, 2014, p. 169-184.
  • Giovanni PALUMBO et Anna  CONSTANTINIDIS, « La Chanson d’Aspremont : à propos d’une nouvelle édition du corpus français», dans Limine Romaniae. Chanson de geste et épopée européenne, éd. Carlos Alvar et Constance Carta, Berne, 2012, p. 533-552.

 


La Mort Charlemagne : étude et édition

Chercheurs associés au projet : Giovanni Palumbo (UNamur), Anna Constantindis (UNamur), Gabriele Giannini (Université de Montréal).

Conservé par un seul manuscrit transcrit par un copiste très négligeant, le poème épique franco-italien connu sous le titre de La Mort Charlemagne est encore largement méconnu, malgré son indéniable intérêt pour l’histoire de la chanson de geste et de sa diffusion. Les nombreuses difficultés soulevées par l’établissement du texte expliquent pourquoi celui-ci n’a pas encore fait l’objet d’une édition critique. C’est à cette tâche délicate que se sont attelés Gabriele Giannini (Université de Montréal) et Giovanni Palumbo (UNamur), qui préparent également une étude littéraire et linguistique de l’œuvre, ainsi qu’une traduction en français moderne, avec la collaboration d’Anna Constantinidis (UNamur).

Publications associées :

  • Gabriele GIANNINI et Giovanni PALUMBO,  « Arrière, copiste ! L’édition casse-tête de la Mort Charlemagne  », dans Pour une philologie analytique : nouvelles approches à la micro-variance textuelle en domaine roman, éd. Gabriele Giannini et Oreste Floquet, Paris, sous presse.
  • Gabriele GIANNINI et  Giovanni PALUMBO, « E li oltri more in çaxant et tu moriras in sedant. La morte di Carlo Magno nell’epica romanza »,  dans Il secolo di Carlo Magno. Istituzioni, letterature e cultura del tempo carolingio, éd. Ileana Pagani et Francesco Santi, Florence, 2016, p. 53-80.

 


Le De fide et operibus d’Augustin d’Hippone (412-413), sa réception médiévale et sa transmission manuscrite jusqu’en 1200

Chercheur associé au projet : Matthieu Pignot (FNRS/UNamur - Durham) 

Dans le contexte de la christianisation du monde occidental et de l’importance croissante du monachisme et des modes de vie ascétiques, une question particulièrement pressante s’est posée : tandis que les moines se dédient au célibat et à l’ascèse en vue d’obtenir la vie éternelle après la mort, quelle doit-être la conduite des chrétiens ordinaires pour espérer obtenir le salut ? En d’autres mots, on assiste dans l’Antiquité tardive et au cours du haut Moyen Âge à un vif débat (dont les ramifications s’étendent jusqu’à nos jours) sur les règles de conduite à appliquer à tous les chrétiens, particulièrement en ce qui concerne le mariage et la sexualité, et aux moyens offerts pour intégrer ou réintégrer ceux qui ne se conforment pas à ces règles. L'objectif de ce projet est d'étudier le processus de définition et de négociation de telles règles dans l'Antiquité tardive, à travers le cas du De fide et operibus d’Augustin, un traité polémique très peu étudié jusqu’ici mais qui constitue une source de premier ordre sur ces questions. L’étude de la réception de l’œuvre permet ensuite de suivre l'évolution de ces débats, la manière dont ils ont été reçus et renouvelés. Dans le sillage des acquis récents de la recherche, une place importante est dédiée à la transmission manuscrite, afin d'offrir une étude inédite des modalités de la diffusion manuscrite de l’œuvre, du contexte codicologique de transmission (en particulier la constitution de collections) et des annotations marginales. Explorer la façon dont l’ouvrage a été copié, lu et annoté au cours des siècles permet d’en mesurer l’influence et de contribuer à une meilleure compréhension du rôle joué par les œuvres d’Augustin dans la définition des pratiques religieuses et des règles de comportement à travers les premiers siècles du Moyen Âge.

Publication associée :

  • Matthieu PIGNOT, « Setting rules for becoming Christian: Augustine's polemical treatise De fide et operibus in context », Revue d'études augustiniennes et patristiques, 64 (2018), 73-114.

 


Le Roman de Meliadus : l’édition du texte inédit le plus important de la littérature française médiévale, des manuscrits au web

Chercheurs associés au projet : Lino Leonardi (SNS), Giovanni Palumbo (UNamur), Sophie Lecomte (SNS et UNamur).

Le cycle de Guiron le Courtois, notamment le premier roman qui le compose, le Roman de Meliadus, est l’une des pièces maitresses de la littérature arthurienne et a une importance fondamentale pour la littérature chevaleresque italienne jusqu’à Boiardo et à l’Arioste. Ce cycle est toujours inédit. Une équipe de jeunes philologues, coordonnée par Lino Leonardi (SNS-Scuola Normale Superiore de Pise) et Richard Trachsler (Université de Zürich), prépare depuis quelques années déjà l’édition critique de l’œuvre dans son intégralité.

Le présent projet, mené par la SNS de Pise (L. Leonardi) en partenariat avec l’UNamur (G. Palumbo), vise à contribuer à l’achèvement du travail en cours et se propose d’associer la méthodologie philologique « traditionnelle » avec les procédures de la philologie « digitale ». On prévoit trois objectifs : 1) achèvement et publication de l’édition critique du Meliadus (deux volumes d’environ 500 p. chacun) ; 2) digitalisation, comprenant les métadonnées descriptives, du manuscrit du texte acheté par la Fondazione Franceschini, et son intégration dans le portail Mirabile ; 3) réflexion méthodologique sur l’édition des textes médiévaux en collaboration avec le Projet Aspremont, mené à l’UNamur.

 


Les archives des seigneurs de Béthune, 1160-1260. Reconstitution et édition critique

Chercheurs associés au projet : Jean-François Nieus (FNRS/UNamur), Timothy Salemme (Université du Luxembourg).

Les chartriers de familles nobles qui remontent au-delà du XIVe ou XVe siècle sont extrêmement rares dans le nord-ouest de l'Europe. Ils ont dû exister, en grand nombre sans doute, mais les aléas de l'histoire leur ont été fatals. Les archives des seigneurs de Béthune (Fr., Pas-de-Calais), constituées de 175 chartes originales et d’une quinzaine d’écrits administratifs antérieurs à 1260 (enquêtes, listes de vassaux, listes de cens, comptes, etc.), sont donc un remarquable unicum documentaire. Mélangées aux archives des comtes de Flandre à la fin du XIIIe siècle, et aujourd’hui dispersées entre Gand (Rijksarchief), Lille (Archives départementales du Nord), Paris (Bibliothèque nationale), Bruxelles (Archives générales du Royaume) et Londres (British Library), elles ont perdu toute identité archivistique, échappant de ce fait à l'attention des historiens. Un inventaire médiéval des archives flamandes a toutefois permis de reconstituer le fonds et d’établir qu’il nous est parvenu dans sa quasi-intégralité. L’étude et l’édition critique de l’ensemble doivent trouver leur aboutissement en 2021.

Publications associées : 

  • Jean-François NIEUS, « Des ‘archives de famille’ en France du Nord au Moyen Âge central : le chartrier des seigneurs de Béthune, 1160-1260 », dans Les archives de famille. Formes, histoires et sens d’une genèse (XIIIe-XVIIe siècle), éd. Véronique Lamazou-Duplan, Madrid, 2021 (Collection de la Casa de Velázquez), sous presse.
  • Jean-François NIEUS, « Des seigneurs sans chancellerie ? Pratiques de l’écrit documentaire chez les comtes et les barons du nord de la France aux XIIe-XIIIe siècles », dans Chancelleries princières et scriptoria dans les anciens Pays-Bas, Xe-XVe siècles, éd. Thérèse de Hemptinne et Jean-Marie Duvosquel, Bruxelles, 2010 (= Bulletin de la Commission royale d’histoire, 176/2), p. 285-311.

 


Medieval monastic library book and archive production revisited through systematic identification of parchment origin species. The case of Orval Abbey

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Nouveaux savoirs, nouveaux savoir-faire : la production et la circulation du livre juridique dans l’Europe médiévale

Chercheuse associée au projet : Chiara Ruzzier (UNamur)

Au XIIe siècle, on assiste à une renaissance du droit savant et une production systématique de manuscrits juridiques se met progressivement en place, essentiellement à l’usage du monde universitaire. Produits en masse et de façon standardisée, les manuscrits juridiques médiévaux représentent un objet d’étude de grand intérêt pour l’historien du livre car ils témoignent d’un professionnalisme très élevé. En outre, ils présentent d’ordinaire un apparat de gloses dont la mise en page a constitué un grand défi pour les copistes médiévaux et, plus tard, pour les premiers typographes. La recherche se focalisera sur les manuscrits du Corpus iuris civilis et du Corpus iuris canonici. Sur la base d’un recensement des exemplaires subsistants, suivi d’une expertise approfondie d’un échantillon représentatif de cet ensemble et du traitement quantitatif de toutes les données ainsi récoltées, on poursuivra les objectifs suivants :

  1. Proposer un tableau général de la production des textes fondamentaux du droit romain et canon du XIe au XVe siècle, afin de retracer l’évolution de la production et ses caractéristiques principales en fonction des différents centres de production, de mieux appréhender les usages et les publics différenciés de ces livres et d’étudier leur circulation en Europe ;
  2. Analyser les pratiques de copie des manuscrits juridiques et les stratégies développées par les artisans médiévaux pour intégrer sur une même page le texte et la glose correspondante ;
  3. Comparer cette production manuscrite à la fois avec la production d’incunables et avec d’autres ensembles de manuscrits produits en masse à la même époque afin de mieux évaluer leur rôle dans la culture écrite du Moyen Âge.

 


Pergamenum 21. A trans-disciplinary study of parchment

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Réformes, production et usages du livre dans les monastères bénédictins des Pays-Bas méridionaux (XIVe-XVe siècles)

Chercheurs associés au projet : Xavier Hermand, Sara Pretto, Chiara Ruzzier et Élisabeth Terlinden (UNamur) – Paul Bertrand (UCLouvain), Ingrid Falque (UCLouvain/FNRS)

Financé par un PDR du FNRS (2013-2017) qui associe l’UNamur et l’Université catholique de Louvain, ce projet vise à mettre en lumière le rôle joué par les abbayes bénédictines des Pays-Bas méridionaux (Belgique et France du Nord) dans la production manuscrite de la fin du Moyen Âge ainsi que les fonctions et les usages des livres au sein de ces communautés, redynamisées à la fin du Moyen Âge sous l’impulsion d’une série de mouvements de réforme. Concrètement, cette enquête poursuit principalement les trois objectifs suivants : (1) reconstituer la production manuscrite bénédictine tardive, en déterminant son ampleur, sa typologie et ses caractéristiques ; (2) identifier les lignes de force des bibliothèques des monastères réformés et caractériser les manières de lire promues par ces communautés ; (3) mettre en évidence, via le livre, les réseaux de relations dans lesquels s’inséraient les monastères bénédictins.

Publications associées:

  • C. RUZZIER, « Les changements dans la fabrication du livre aux XIVe et XVe siècles d’après les manuscrits des abbayes bénédictines des Pays-Bas méridionaux », in Change in Medieval and Renaissance Scripts and Manuscripts. Proceeding of the 19th Colloquium of the Comité International de Paléographie Latine (Berlin, 16-18 September, 2015), éd. E. Overgaauw – M. Schubert, Turnhout, Brepols, 2019 (Bibliologia, 50), p. 161-175.
  • Xavier HERMAND, « Lecture personnelle et copie individuelle dans le monde monastique à la fin du Moyen Âge », dans Lecteurs, lectures et groupes sociaux au Moyen Âge, éd. Xavier Hermand, Étienne Renard et Céline Van Hoorebeeck, Turnhout, 2014, p. 57-78 (Texte, codex et contexte, 17).
  • Élisabeth TERLINDEN, « Réformes, scriptoria et bibliothèques au bas Moyen Âge : le cas de Saint-Laurent de Liège », dans Livres, lecteurs et groupes sociaux au Moyen Âge…, p. 79-121.
  • Xavier HERMAND, « Réformer une abbaye au XVe siècle : l’exemple de Florennes », dans Revue Bénédictine, 122, 2012, p. 342-365.
  • Xavier HERMAND, « La bibliothèque médiévale de l’abbaye de Brogne », dans Autour de Saint-Gérard et de sa fondation. Colloque organisé à l’occasion du 1050e anniversaire de la mort de Gérard de Brogne, Saint-Gérard, 9 et 10 octobre 2009, Namur, 2011 (= Annales de la Société archéologique de Namur, 85), p. 111-166.

 


Typologie, fonctions et usages des polyptyques et inventaires domaniaux du haut Moyen Âge

Chercheur associé au projet : Étienne Renard (UNamur)

Les sources les plus riches pour notre connaissance du monde rural à l’époque carolingienne sont des descriptions de villae (polyptyques et inventaires domaniaux). Leur interprétation est semée d'embûches : datation, authenticité, restitution du texte, position et objectifs de l’auteur officiel, fonction et usage du document... Au-delà des études de cas, une typologie affinée permet également d'éviter un certain nombre d'erreurs d'interprétation.

Publications associées :

  • Étienne RENARD, « Grandes propriétés et organisation domaniale dans le Midi de la Gaule à l’époque carolingienne : que peut-on savoir ? », dans Revue belge de philologie et d’histoire, 90, 2012, p. 381-412 [= Actes du colloque international Autour de Yoshiki Morimoto. Les structures agricoles en dehors du monde carolingien : formes et genèse].
  • Étienne RENARD, « Genèse et manipulations d’un polyptyque carolingien : Montier-en-Der, IXe-XIe siècles », dans Le Moyen Âge, 110, 2004, p. 55-77.
  • Étienne RENARD, « Que décrit le polyptyque de Saint-Bertin ? À propos de la notion de mense à l’époque carolingienne », dans  Revue Mabillon, 76, 2004, p. 51-79.
  • Étienne RENARD, « La gestion des domaines d’abbaye aux VIIIe-Xe siècles. Notions de base et conseils pour une meilleure compréhension des sources écrites », dans  Une abbaye et ses domaines au haut Moyen Âge. Actes de la journée d’étude de Logne, 26 septembre 1998, Saint-Hubert, 1999 (= De la Meuse à l’Ardenne, 29), p. 115-150.
  • Étienne RENARD, « Lectures et relectures d’un polyptyque carolingien (Saint-Bertin, 844-859) », dans  Revue d’histoire ecclésiastique, 94, 1999, p. 373-435.
  • Rubrique du site Ménestrel consacrée aux « Polyptyques et inventaires du haut Moyen Âge ».